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Sébastien Faure

Quatrième enfant d’une famille qui en comptait six, Sébastien Faure naquit dans un milieu de bourgeoisie aisée et très catholique. Son père, négociant en rubans, le confia aux Jésuites auprès desquels il fit de solides études. Destiné aux Ordres, le jeune homme fit un noviciat de dix-huit mois à Clermont-Ferrand. C’est alors que, vers 1875, le père de Sébastien mourut après avoir connu des revers de fortune puis rétabli, dans une certaine mesure, sa situation. Auparavant, il avait fait promettre à son fils de renoncer à la prêtrise et de se consacrer à sa famille.
Sébastien Faure s’adonna donc au commerce avant de satisfaire, à partir de novembre 1878, à ses obligations militaires, puis il passa une année en Angleterre ; de retour à Saint-Étienne, il obtint un poste d’inspecteur dans une compagnie d’assurances. Ayant fait la connaissance de Blanche Faure, son homonyme mais non sa parente, d’origine protestante, il l’épousa et vers 1885, le jeune couple alla s’installer à Bordeaux. Sébastien Faure, qui avait perdu peu à peu la foi catholique, l’avait remplacée par une foi socialiste dont on verra l’évolution. La vie militante, que n’appréciait pas la jeune femme, entraîna la rupture et, en 1888, S. Faure s’installa seul à Paris après avoir divorcé.

Celui que les compagnons appelleront familièrement Sébast fut donc, sa vie durant, un militant. Sa première action publique eut lieu à Bordeaux en octobre 1885, lorsqu’il fut candidat du Parti ouvrier (guesdiste) aux élections législatives ; il obtint 600 voix et ne fut pas élu. Selon son propre témoignage (cf. J. Humbert, op. cit., p. 27) c’est au cours des années 1887-1888 que sa pensée évolua pour, finalement, sous l’influence des écrits de Kropotkine et d’Élisée Reclus, se déterminer pour les conceptions libertaires auxquelles il demeura fidèle. Le 11 août 1888 il avait été condamné à Paris à 1.000 francs d’amende pour "port d’arme prohibée" , puis en décembre suivant à 6 jours de prison pour "outrages à agents" à Bordeaux et le 21 mars 1889 à Toulouse à 15 jours de prison pour "provocation à un attroupement non armé et outrages à un commissaire de police".

Au printemps 1889 il fit plusieurs conférences à Nîmes, où il avait été hébergé chez le compagnon César Soulier, et notamment le 6 juillet 1889 où, aux cotés de Brunet, Verdier, Monat, Tricot et Octave Jahn, il avait été l’un des orateurs du meeting organisé à Nîmes par Jean-Pierre Geay et auquel avaient assisté environ 700 personnes. Il y avait dénoncé en termes violents le système parlementaire et le suffrage universel concluant son intervention en disant "ce ne sont pas les hommes qu’il faut renverser pour en placer d’autres, non, c’est le régime qui est mauvais. Il faut l’attaquer dans ses bases : la propriété d’abord, l’autorité ensuite". Dans une autre conférence tenue en mai, il avait déclaré : "Il faut que les groupes anarchistes s’occupent de physique destructive pour résister aux canons et aux fusils, et alors, lorsque la révolution sera venue, les anarchistes connaissant la topographie de chaque localité, attaqueront avec ensemble la Préfecture, l’Hôtel de Ville, le Palis de justice, les casernes et les prisons afin que l’autorité attaquée partout en même temps, soit dans le plus complet désarroi. Les anarchistes se servant de dynamite feront sauter tous les monuments comme autant de repaires abritant d’infects ennemis...", propos qui lui valurent d’être poursuivi devant le tribunal d’instance de Nîmes pour "provocation au meurtre, au pillage et à l’incendie" lors des différentes réunions tenues dans la ville en avril, mai, juin et juillet.

(pour lire la suite, cliquer sur le lien ci-dessous)

La Ruche est une école libertaire et un espace de vie communautaire fonctionnant selon le concept de coopérative intégrale.

Fondée en 1904, à Rambouillet (Yvelines), par Sébastien Faure, elle disparait durant l'hiver 1917 suite aux restrictions imposée par la Première Guerre mondiale.

La Ruche s'inspire d'autres expériences d'éducation libertaire comme l'Orphelinat de Cempuis animé par Paul Robin de 1880 à 1894, et l'École moderne fondée en 1901 à Barcelone par Francisco Ferrer.

Tag(s) : #Sébastien Faure

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